Labourer les flancs (il s'est fait...)
Expression utilisée dans le milieu sportif, et notamment en sports de combat, qui signifie « s’être pris un nombre important de coups sur les côtés du tronc ».
Laisser passer l'orage
Expression utilisée dans le milieu sportif, et notamment en sports de combat, qui signifie de « laisser se fatiguer l’adversaire tout seul » (en se dérobant sous ses coups ou en bloquant ses attaques) ce qui permettra, plus tard, d’en tirer profit.
Langage de la boxe (ou "parler du ring")
Dans Le Petit Larousse de 2005, nous trouvons une des définitions de langage : « manière de parler propre à un groupe social, à une profession, à une discipline, etc. ». On connaît le langage du sport, avec son jargon technique, ses touches d’humour, ses aspects critiques voire grinçants, on y rencontre des mots et expressions comme : « avoir un coup de bambou » ou « avoir une grosse caisse » ou bien « avoir la tête dans le guidon ». Mais en plusieurs siècles d’existence, la boxe s’est forgée également un langage à elle, un parler spécifique qui illustre ses faits et anecdotes. Certaines manières de dire sont issues du parlé populaire voire même déclinées de nombreuses professions. On y retrouve également des expressions toutes faites et de l’argot bien sûr. Tout cela agrémenté de noms de fleurs, d’oiseaux, de légumes, de choses... N’en déplaise aux spécialistes de linguistique et de rhétorique, de nombreuses expressions et locutions n’apparaissent nullement dans les dictionnaires de la langue française. Mais à contrario elles sont tellement parlantes que personne n’oserait les changer, même pas ma grand’mère, car elle au moins ne manque pas de verbes, ah ça non ! Ci-dessous, on trouve quelques exemples de ce « parlé des rings », mais pas n’importe lequel, celui des « marrons chauds » bien sûr : - Il frappe comme une fillette, ce gars ! (Pour pas dire qu’il a un punch* de nourrisson). Même ma grand-mère cogne plus fort que lui ! - On lui a mis un toquard en face. Même ma petite sœur le battrait ! - Il est brut de fonderie (pour dire que sa technique est primaire ou que la finesse n’est pas dans sa nature). - Va-y dans le « buffet » ! Il a constamment les coudes écartés. - Il s’est fait « poivrer » le museau ou il en a pris plein la « courge » (Boxeur ayant encaissé de nombreux coups à la face). - Il s’est fait « secouer » au premier round (il a sérieusement "ramassé" durant la première reprise). - Il a « embrassé » le tapis à la deuxième (ou il a effectué un "voyage au tapis*" à la 2ème reprise). - Il s’est fait « satelliser » par son adversaire (ça "tombe" bien, il n’était jamais allé dans l’espace…) - Il s’est « grillé » au premier round, maintenant tu vas pouvoir travailler facilement car il est "à la ramasse*" ! (Boxeur ayant trop forcé sur la machine en début de match ou trop reçu de coups et qui aura du mal à poursuivre le combat). - Le coach à son « poulain » : « T’as vu la tête de ton adversaire, c’est un méchant et il n’est pas venu faire du tourisme. Alors ne vas pas te frotter à lui. D’habitude lorsqu’il se bât et il est très ouvert, alors profite de l’occasion pour le cueillir ». - C’est le dernier round, tu mènes à la marque, et pour ton adversaire la seule façon de gagner c’est de te descendre. Alors maintenant, il faut "jouer contre le temps*", "mets-le dans le vent*" et oblige–le "à faire la course" ! - Le coach à son « poulain » : « Il a le parallélisme faussé (à demi-K.O.) profite-en pour le finir ! ». Voir aussi terminologie de la boxe*.
Langage stratégique
(Fr) Vocabulaire de stratégie militaire. Il recense les termes et expressions propres aux théories et principes de la stratégie militaire. Du point de vue de son utilisation pour la pratique des sports de combat et arts martiaux, il se présente comme un outil indispensable à la compréhension de l’acte d’opposition*. Exemple de concept apportant un éclairage dans le domaine de la stratégie sportive : la « friction » (Clausewitz, 1831), terme qui qualifie une sorte de brouillard c’est-à-dire le rôle du hasard et de l’imprévu dans la conduite des opérations. d’incertitude dans la conduite adverse à venir, et ainsi générant, rendant une difficulté à élaborer un plan d’action* adapté. Clausenitz, C., De la guerre, Breslau, 1831
Lead
Littéralement « plomb ». Direct appuyé ayant une grande course (amplitude) contrairement au jab*. Il est donc très préparé (attaque légèrement différée) et puissant.
Leçon de boxe
Pratique de club consistant à faire travailler individuellement un boxeur. Dans le langage courant on dit : « donner la leçon ». Elle est le plus souvent donnée avec des gants de professeur ou des palettes* (pattes d’ours) et au besoin avec une ceinture de frappe (plastron de professeur). 63 Leçon avec des plaquettes : ici travail des esquives*
« Certes, la pédagogie n’est pas une recette, c’est une recherche.» Pr. Debesse
Ligne (ou "hauteur d'attaque")
Portion de corps considérées comme hauteur de cibles*. On recense deux lignes d’action : la ligne haute (1) et la ligne moyenne (2). La ligne basse en dessous de la ceinture est zone interdite par le règlement. 64 Ligne haute (1) - ligne moyenne (2)
Lire la boxe adverse
Capacité à observer et étudier le comportement adverse pour s’en servir. Le recueil de données* sur l’adversaire permet : - au coach et à l’athlète, d’élaborer un plan tactique* avant le combat, - au coach, d’effectuer des régulations* pendant la minute de repos et à l’athlète, d’ajuster son comportement et ses stratégies* durant la rencontre.
Lisibilité des coups
Aspect important de l’efficacité en boxe. Il est vrai que certains boxeurs délivrent des coups efficaces certes mais pas très percevables du public et des juges. Pour ce qui est de la boxe amateur* comme pour l’escrime olympique, il est vital d’atteindre les cibles adverses avec le plus de clarté possible sinon les juges ne comptabilisent pas les touches* (avec la scoring-machine*).
Logique de l'activité boxe
Caractérise la nature de l’activité d’opposition en l’occurrence celle de type « boxe ». Elle indique le sens qu’on doit donner à la pratique d’opposition : que faut-il faire pour réussir ? Plus exactement, elle qualifie les types d’actions à mettre en place dans la situation d’opposition afin de la maîtriser. Ces actions de combat peuvent être regroupés dans deux domaines de compétence* dits complémentaires : - actions destinées à protéger ses propres cibles (Défendre ou en d’autres termes « ne pas être atteint par les coups adverses ») - actions destinées à atteindre les cibles adverses (Attaquer et contre-attaquer, ou en d’autres termes « construire un jeu pour toucher des cibles). A partir de ces deux objectifs de maîtrise va être envisagé une mise en œuvre, assortie de moyens et de démarches. A côté de ça, peuvent être décrits les particularités (les spécificités) de la pratique boxe permettant de mieux cerner les actions à mener (ex. : démarrer l’offensive de très loin c’est donner du temps à l’organisation défensive adverse). « Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement… » N.Boileau
London Prize Ring Rules
Règles de boxe anglaise*, au nombre de vingt trois, ont été élaborées à Londres en 1838 par la Société pugilistique* et ont remplacées les Broughton’s Rules* de 1743. Les London Prize Ring Rules tracent les grandes lignes d’une boxe dite « sportive » notamment en mettant en avant la santé des combattants. Ces règles ont été révisées en 1853 et 1866 puis complétées en 1867 par les règles du Marquis de Queensberry* (Masquess of Queensberry Rules) donnant à la boxe sa version moderne.
Lucky-punch
Aussi magic-punch. Il se traduit de l’Anglais par « coup chanceux ». Il se définit, comme un coup providentiel qui met fin à un combat au K.O. system*. C’est miraculeux lorsqu’il surgit au dernier round au moment où le combattant ne peut plus se refaire à la marque. Qui n’a jamais vu un boxeur malmené du premier au dernier round et d’un seul coup de poing renverser totalement l’issue du match. Comme pour les autres sports de combat à finalité de type « mort subite » (boxes pieds-poings* de plein contact, combat libre/MMA, grappling, judo, etc.) l’impensable peut se réaliser à la dernière seconde de la rencontre ; et ainsi, briser radicalement la carrière d’un combattant auparavant invaincu. C’est la « loi de la boxe », d’ailleurs on dit couramment que : « rien n’est joué d’avance tant que le gong final n’a pas retenti ». Ainsi, le combattant doit prendre les précautions suivantes : ne jamais relâcher son attention et ne pas prendre des risques inutiles à la fin d’une rencontre alors que le décompte des points est favorable. Une mésaventure de ce type est arrivée au Français Mehdi Sahnoune lors du championnat du Monde WBO en 2005 des lourds-légers à Sachsen-Anhalt (Allemagne). Ce premier en avance à la marque va « à la bagarre » dans la 12ème reprise, ce qui fut considéré comme une erreur stratégique. Fatigué, épuisé par ses assauts et suite au sursaut d’orgueil* de son adversaire le grand boxeur hongro-allemand Zsolt Erdei, il est atteint par un cross* suivi d'une avalanche de coups et se fait arrêter par l’arbitre. Dommage ! Un des plus célèbres « coups chanceux » est celui délivré par Jake LaMotta* face à Laurent Dauthuille, en 1950 au 15ème et dernier round de leur championnat du monde des poids moyens. Ce premier est en retard au score, et à 13 secondes de la fin du match, d’un coup inattendu expédie son adversaire à travers les cordes. Ce match a été classé, combat de l’année, par la fameuse revue Ring-Magazine*. Comme l’on dit souvent : « il ne lui restait plus que ça à faire » pour ne pas perdre sa ceinture mondiale. On a d’autres coups chanceux tout aussi célèbres dans l’histoire de la boxe, notamment celui de Rocky Marciano* face à Jersey Joe Walcott (lors de leur 1ère rencontre en 1952). Puis celui de Mike Weaver où perdant tous les rounds face à John Tate il trouve une ressource inespérée à la dernière minute du match (1980). Ensuite celui de Gene "Mad Dog" Hatcher face à Johnny Bumphus (1984) ; encore celui d’Alexio Arguello face à Billy Costello (1986) et de Kennedy McKinney face à Welcome Ncita (1992), ce premier en difficulté dans la 11ème reprise délivre un cross « semblant venir d’ailleurs » ; Celui de Robbie Peden face à Nate Campbell (lors de leur 1er affrontement en 2005) ; celui de Michael Sprott face à Audley Harrison (2007) et enfin celui de Joel Casamayor face à Michael Katsidis au 10ème round (2008). 102 |