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Lexique de la boxe
par Alain Delmas
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Observation de l'adversaire

La « lecture » efficace de l’adversaire et l’exploitation des éléments recueillis vont permettre l’élaboration d’actions d’adaptation et d’actions de profit. Nous trouvons ci-dessous les trois principaux domaines d’observation :

- L’observation des caractéristiques adverses, c’est-à-dire les traits physiques et psychiques de l’opposant ; notamment, l’apparence corporelle (latéralisation de la garde, morphologie, envergure, etc.) et l’état mental (crainte, vaillance, etc.) ; 

- L’observation du style adverse, c’est-à-dire la façon de faire (et d’être) de l’adversaire. On trouve le type de posture (garde*) et la manière de mener l’opposition. Exemple : l’adversaire à la garde basse, il axe son travail sur le retrait de buste*, sur des actions de riposte* et de contre*. C’est donc un combattant de type attentiste* pour lequel il faudra organiser un jeu adapté ;

- L’observation des actions de combat adverses, c’est-à-dire des activités offensives et contre-offensives (attaque, défense, riposte, contre et stratégies).

L’observation de l’adversaire s’effectue à l’aide de repères visuels que l’on appelle « observables ». Ils sont peu nombreux pour éviter une dispersion de la prise d’information (voir tableau des observables). Exemples d’observables : 1/ l’adversaire est en « vraie-garde » ou en « fausse-garde », 2/ l’adversaire est longiligne ou trapu, 3/ l’adversaire tombe sur ses coups ou se rassemble rapidement.

Tableau des « observables »

 Pour en savoir plus : voir la fiche pratique de NetBoxe : "Observer et exploiter la boxe adverse"


Offensive

En sport de combat, c’est une action d’envergure destinée à imposer à l’adversaire un état de déséquilibre permettant de remporter le match. C’est aussi une prise en main personnelle de l’opposition. Elle consiste à devancer l’adversaire dans ses intentions* voire ses actions.

Plus précisément en boxe, c’est un ensemble d’actions déployé pour atteindre des cibles* adverses (marquer des points) voire l’arrêt du match pour le combat au K.O-system. Ainsi, l’activité offensive ne se réduit pas à l’attaque elle-même et à la prise d’initiative*. Au contraire, elle concerne les tâches de pré-action (calculs préalables et actions préparatoires), les tâches de développement (ajustement, régulation et adaptation) et les tâches post-offensives (mise en sécurité, rattrapage et continuité du jeu). L’offensive peut être menée certes sur initiative personnelle mais également dans l’initiative adverse ; sachant que cette dernière peut être suggérée par le biais d’un ensemble d’artifices (techniques de manœuvres*).

 


Once

Unité de masse anglo-saxonne (l’abréviation de mesure est le symbole « oz »). Se prononce « ounce » et est équivalent à 28,35 grammes. Ex. : une paire de gants de 10 oz pèse donc 283,50 g.


Opérations de match

Ensemble d’actions de conduite* de jeu, de construction* du jeu et de gestion*du jeu effectuées durant l’opposition pour assurer la défense de ses propres cibles et l’attaque des cibles adverses. Ces activités relèvent d’une certaine « méthode » et se concrétisent en termes de décisions à prendre, de moyens à utiliser, de processus d’action à mettre en place, etc. Ex. : observer l’opposant, relever les points faibles et forts adverses, décider d’une ligne de conduite, etc. Voir stratégies*.


Opportunité

Appelé également « profit », l’activité dite d’opportunisme en sport d’opposition appartient au domaine de l’exploitation du jeu adverse* que l’on nomme « action de profit* » en termes de statégico-tactique*. Selon le dictionnaire Le Petit Larousse de 2005, ce qui est « opportun » est ce « qui convient au temps, aux lieux, aux circonstances ; qui convient à-propos* et l’ « opportunisme » est l’ « attitude consistant à régler sa conduite selon les circonstances du moment, que l’on cherche à utiliser toujours au mieux de ses intérêts ». En boxe, il s’agit pour l’opportunité des occasions favorables chez l’adversaire dont on peut tirer avantage durant la confrontation. Tirer profit de l’activité adverse est en général une compétence* de combattant expérimenté. De quelles données* peut-on tenir compte ? Réponse : On peut chercher à utiliser les données suivantes :

-          les caractères adverses ou caractéristiques* de l’opposant (taille, envergure, tempérament, qualités physiques, état mental, etc.). Ex. : la fragilité mentale d’un adversaire peut être mise à parti en travaillant sur un ensemble de techniques de manipulation mentale dans le but de décourager ou dissuader l’initiative adverse ;

-          les actions de combat* de l’opposant (c’est-à-dire l’activité offensive et défensive). Ex. : un retour en garde* ou pas de retrait* adverse non « sécuritaire » peut être exploité en terme de contre-attaque* spontanée ;

-          les manières de faire propre de l’opposant (attitude* de garde, style* de combattant et façon de combattre*).

Ces données se traduisent en termes de « points forts* » et « faiblesses* » adverses dont, il faudra tenir compte et donc exploiter durant l’opposition.

Un « relevé des ces opportunités » est exploité, conjointement par l’athlète et l’entraîneur, en vue d’utiliser celles-ci chez un adversaire à venir (notion de stratégie*). L’ensemble de ces données sont rassemblées et analysées afin de les mettre à profit dans le cadre d’un plan de conduite (ou plan stratégique*). Il peut se faire en amont à partir d’un match antérieur par exemple sur la base d’un support vidéo. Il est également réalisé en temps réel par les hommes de coin*, c’est-à-dire durant le match de leur poulain* afin d’établir, à l’interrounds, un nouveau plan d’action (observation de match dite « in situ »). Ce relevé peut être également réalisé par un observateur extérieur à l’aide d’une fiche d’observation* dont les rubriques reprennent les compartiments majeurs d’observation sur la base d’observables* concrets.

Illustration : Exemples d’activités consistant à « utiliser l’action adverse à son avantage » :

- Ex.1: (A) tombe sur ses coups. Conclusion : (B) va utiliser cette faiblesse pour riposter dès que (A) a terminé son attaque (notion de remise*).

- Ex.2 : suite à plusieurs activités de pressing*, (A) a remarqué qu’à l’approche des cordes, l’adversaire s’échappe toujours du même côté. À la prochaine occasion (A) a décidé de le « cueillir » en portant un coup qui le télescope (notion de contre*).

67[A] contre* en uppercut* sur un adversaire qui écarte ses coudes en avançant

Opposition (faire de...)
Voir mise de gants*, sparring* et tourner*.


Oreille en chou-fleur

Les frottements et coups lors de l’entraînement entraînent des lésions du cartilage de l’oreille chez certains combattants. Les traumatismes répétés (hématome, caillot de sang, coupure) transforment progressivement le cartilage de l’oreille lui donnant une apparence de chou-fleur. Pour éviter une dégénérescence du cartilage, une protection des oreilles devient quelquefois nécessaire (bandeau, ruban adhésif, casque de lutteur, casque de boxe).


Organisateur (...de rencontres)

Personne qui met en place un plateau de rencontres. Il a la charge d’accueillir une compétition, de prévoir toute la logistique et le personnel d’encadrement (guichetier, personnes de la sécurité, éclairagiste, sonorisateur, speaker, chronométreur, coureur vestiaires…). Il est aidé à sa tâche par la fédération délégataire qui fournira le staff d’arbitrage et les représentants fédéraux permettant d’officialiser la rencontre. À ne pas confondre avec un promoteur* qui a la tâche de prévoir des rencontres et avec un manager* qui gère une équipe de compétiteurs.


Organisation corporelle

Capacité à utiliser des attitudes et des actions gestuelles garantissant à la fois, sécurité et efficacité des actions. La meilleure organisation corporelle est celle qui permet « d’atteindre les cibles adverses » « sans être atteint par l’adversaire ». En terme d’organisation corporelle, on parle d’attitude de garde* (protection, équilibre, disponibilité à agir et réagir) et d’organisation des actions (mobilisation des segments osseux). Cette disposition particulière correspond à la logique de l’activité boxe*. On dit qu’un athlète est « organisé » lorsque son attitude relève de comportement lui permettant de « se mettre en sécurité », de s’organiser pour défendre et passer à l’offensive. Plus exactement, il doit être capable de défendre et d’attaquer dans toutes les positions* et les situations de jeu*. Ex. : par définition, une attitude de garde efficace permettrait de se mettre un maximum en sécurité, de se déplacer rapidement, de défendre et d’attaquer avec facilité. Pour cela les appuis* au sol permettent un équilibre permanent, le poids de corps est réparti sur les avant-pieds (plante) favorisant des déplacements dynamiques, les jambes sont tendues sans raideur, le bassin est fixé en rétroversion, etc. Les trois principes d’organisation corporelle sont donc les suivants :

- Etre protégé

- Etre équilibré

- Etre disponible (près à agir et réagir).

68-AMauvaise organisation (poids sur les talons)                                  

68-BOrganisation correcte (poids sur les avant-pieds)


Organisation du jeu

Aussi construire le jeu ou gérer l’opposition. Se traduit par la capacité à agencer les actions de jeu dans les différentes situations de jeu. S’organiser c’est adopter une démarche permettant de gérer au mieux les différentes situations de jeu. Elle se traduit par une construction du jeu* faite de réorganisations successives face à la diversité et à la complexité* des tâches en présence. Dans l’opposition rien n’est donné d’avance, tout est construit dans l’interaction avec l’adversaire. Elle consiste à offrir des réponses aux sollicitations adverses et compte tenu de la connaissance de la boxe adverse. C’est s’adapter à l’adversaire mais aussi exploiter le comportement adverse à son propre avantage. Par exemple en situation d’attente c’est « organiser son attitude de combat » (garde), c’est être équilibré constamment, en position de disponibilité (genoux fléchis, prêt à se mouvoir et à réagir) et protégé (couvert avec ses bras, ses épaules, etc.) afin de pouvoir défendre et attaquer avec rapidité et efficacité. « Organiser l’attaque », c’est, par exemple, structurer un ensemble d’actions offensives pour atteindre une cible précise – il en est ainsi pour la capacité à enchaîner des techniques en changeant le niveau d’attaque et la forme technique. C’est faire appel à plusieurs habiletés* : « se placer à distance pour porter une offensive », « manœuvrer* l’opposant pour trouver une ouverture* », etc. Les trois types d’actions d’organisation générale sont donc les suivants :

-  Agencer ses actions (offensives et contre-offensives) : savoir utiliser ses ressources, boxer en continu tout en veillant à interrompre les actions adverses, être mobile pour ne pas être atteint, être à distance efficace, etc.

-  S’adapter à l’adversaire

-  Exploiter le travail adverse.

 

« Il est dans la nature humaine de penser sagement et d’agir de façon absurde. »

                                                                                             Anatole France


Orientation du jeu

Voir stratégie*.


Orientation technique de l'entraînement
Désigne les pôles d’intérêt sur lesquels porte la préparation de l’athlète. Nous recensons trois conceptions que nous considérons comme complémentaires :

  1/ la pratique est axée sur le développement des qualités physiques,

  2/ l’entraînement cherche à développer les habiletés gestuelles,

  3/ la pratique qui à notre avis nous paraît essentielle pour préparer des compétiteurs, le développement des habiletés stratégiques et la gestion rationnelle de l’opposition. Il est à remarquer que cette dernière est souvent négligée par les entraîneurs. A ces trois pôles, on rajoutera : la préparation psychologique, le suivi alimentaire, médical et social de l’athlète.

69Travail au sac orienté sur le développement de la gestuelle et le cardio-training

 

Pour en savoir plus : voir la fiche pratique de NetBoxe  "ORIENTATION DE L'ENTRAÎNEMENT"


Ouverture
Passage libéré dans la garde* adverse permettant d’atteindre une cible*. Voir transpercer* (trouer la garde*).


Overcut
Voir overhand*.


Overhand

(Ang.) Quelquefois appelé « overcut » qui se traduit par « goutte ». Il est dénommé « drop » en France dans les vieux manuels de boxe (Blanchet, 1947). Coup de poing circulaire descendant, le plus souvent dans l’axe direct* et visant les cibles* frontales. Pour cette forme de frappe les anglophones parlent de trajectoire de type « looping ». Il est donné quelquefois à mi-distance* et même « en aveugle » au corps-à-corps* (c’est-à-dire sans réelle vision de la cible à atteindre) avec une préparation du poing en arrière pour donner de l’inertie à la frappe. Porté au contact de l’adversaire, il permet de dissimuler son arrivée (cf. attaque dissimulée*). Il ressemble à un direct du bras arrière (cross* en anglais) mais sa trajectoire est incurvé vers le bas. A tord, on ne doit pas le confondre avec un crochet* plongeant ou un swing* car les trajectoires de ces derniers sont latérales. Certains boxeurs usent de ce type de coup pour construire leur jeu, notamment face à des adversaires qui se baissent (esquive* par abaissement). Dans l’histoire de la boxe, de grands combattants se sont illustrés avec ce geste, on a pour mémoire dans les années 2000, le poids plumes anglais Naseem Hamed et le poids moyen américain Floyd Mayweather. – fig.49.a et 49.b.

49.a[B] attaque en overhand* du bras arrière

49.b

[A] porte un overhand* dont l'attaque est cachée par le rapprochement des deux protagonistes



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