Tacticien
En sport de combat, se dit d’un combattant qui use de nombreuses stratégies* pour combattre. Sa façon de faire relève plus de l’adaptation aux situations en présence que d’une démonstration technique à proprement parler. « Animal ou cérébral ? »
Tactique
Elle relève d’un ensemble d’intentions* (d’idées) qui s’inscrivent dans un plan d’action dans le but d’assurer le gain du match (appelé également, programme d’action ou plan tactique*). On parle également de schémas tactiques (combinaison des moyens d’action) consistant à mettre en place des stratégies* prédéterminées voire mieux, des stratégies adaptatives. Une bonne tactique peut permettre de compenser une insuffisance physique et technique. Et selon le dicton : « on ne change pas une tactique qui gagne ». Les principes tactiques relèvent de différentes catégories. Ils ont pour but de faciliter la tâche offensive ou contre-offensive : - Ceux inhérents aux caractéristiques adverses, à ses particularités (ex. : l’adversaire est plus grand que soi, il utilise une allonge* qui est grande…) - Ceux inhérents l’activité adverse (ex. : l’adversaire avance, il fait le pressing*, ou c’est habituellement un fonceur*…). Parmi les principes tactiques fondamentaux (standards), on peut en énumérer quelques uns : - En situation de défense : « sortir de l’axe attaque au moment du coup », « décourager l’adversaire d’attaquer ». - En situation d’attaque : « utiliser ses armes les plus fortes contre la défense adverse la plus faible ». À côté de ces « standards » comportementaux, peuvent être élaborés des réponses tactiques adaptatives (ex. : l’adversaire est un fonceur*, je le stoppe à l’aide de coups d’arrêt*).
« Les champions de boxe (…) se sont tous des hommes supérieurement intelligents ». Norman Mailer, écrivain américain
Tartiner (il s'est fait...)
Expression de boxe qui signifie qu’un combattant a reçu de nombreux coups dans la figure. On a la preuve très souvent à la fin du combat, en observant le visage rougi et tuméfié. Mais il faut savoir que certains athlètes sont privilégiés car leurs peaux ne laissent pas apparaître les traces des coups reçus. On dit en langage courant qu’ « ils ne marquent pas ». Voir aussi courge (il en a pris plein la...).
Technicien
Se dit d’un boxeur qui fait preuve d’une gestuelle très élaborée pour combattre. Pour désigner un athlète aux qualités techniques exceptionnelles, on dit dans le milieu du sport que c’est un « fin technicien ». « Je suis un homme à part et j'en suis fier ! »
Technique
« N.f. 1. Ensemble de procédés et de moyens pratiques propres à une activité, 2. Savoir-faire, habileté de quelqu'un dans la pratique d'une activité. » (Dictionnaire Larousse, 2010). Ce mot recouvre plusieurs sens mais en sport, on peut lui accorder la définition suivante : « ensemble de gestes spécifiques de la pratique sportive ». En sport de combat*, se sont « les réalisations, les outils de nature gestuelle et corporelle utilisés dans l’acte d’opposition. » (Delmas, 1976). En l’occurrence en boxe, ce sont les réalisations corporelles de toutes natures utiles au plan d’action* (appelé également plan stratégique) : - les actions de mobilité et de déplacement (jeu de jambes, pas de progression*, pas de retrait*, pas de côté*, rush*…), - les actions de mise à distance et d’immobilisation* de l’adversaire (pressing*, cadrage*, etc.) - les mouvements de corps (inclinaison, oscillation, rotation…), - les actions offensives (attaque directe*, indirecte, simple et composée, manœuvre*…) - les actions contre-offensives (neutralisation*, coup de contre*…), - les actions défensives (blocage*, couverture*, croush*, déviation*, coup d’arrêt*, parade palmaire*…), - les actions de contrôle corporel (appui sur l’adversaire, poussée, tassement…), - les actions d’évasion (contournement*, débordement*, dégagement* du coin…), - les actions d’exploitation de l’espace et du matériel (emploi des cordes, utilisation du centre ou de l’extérieur…) - etc. On parlera de technique d’attaque (ex. : coups ou pressing) et de technique de défense (ex. : parade, esquive) comme l’ensemble de moyens déployés dans le plan stratégique. En boxe, les comportements techniques efficaces sont ceux qui permettent, conformément au règlement de jeu d’atteindre des cibles* avec le plus de facilité, et d’autre part de ne pas être atteint par les coups adverses. Il s’agit donc dans l’opposition duelle de mettre en place les comportements les mieux adaptés pour résoudre les tâches en présence. Delmas, Alain, Lexique de combatique, Document de formation, Ligue Midi-Pyrénées FFBFDA, Toulouse, 1975 90 [A] porte un uppercut* à la face, avec le poids du corps sur la jambe avant
Technique de tromperie
Voir tromperie*.
Téléphoner son attaque
Voir attaque téléphonée* et attaque robotisée*.
Télescopage
Action qui consiste à percuter de plein fouet l’adversaire dans sa trajectoire. Les coups d’arrêt* et les coups de contres* sont utilisés le plus souvent dans ce but. L’avantage de ce mode opératoire est qu’il associe la puissance du coup personnel et l’inertie de déplacement adverse. Ex. : télescoper un adversaire qui avance en direct à la face (fig.92). 92 [A] télescope l’adversaire lors de son avancée en direct* du bras arrière
Temps de repos
Période intermédiaire entre deux reprises (rounds) permettant aux compétiteurs de récupérer de leur effort. Durant la minute de repos, des conseils techniques et des soins peuvent être promulgués. Le repos est d’une minute entre deux rounds, aussi bien pour ceux de deux minutes (boxe amateur) comme pour les rounds de trois minutes (boxe professionnelle). 93
Terminologie de la boxe
D’après Le Petit Larousse (édition 2005), la terminologie se définit de deux manières : 1 - « ensemble des termes particuliers à une science, à un art, à un domaine », 2 - « Étude des dénominations des concepts et des objets utilisés dans tel ou tel domaine de savoir ». Depuis plusieurs décennies nous trouvons en boxe, dans la pratique de salle d’entraînement comme dans les ouvrages consacrés au Noble art, un langage qui lui est propre voire emprunté à d’autres disciplines. Les termes techniques et les concepts spécifiques vont permettre d’élaborer des modèles explicatifs des différentes situations pugilistiques. Pour exemple : 1/ « porter un coup de contre » c’est chercher à cueillir l’opposant dans sa propre attaque, 2/ « créer de l’incertitude dans la défense adverse par le biais d’enchaînements de coups » c’est chercher à déborder défensivement l’adversaire. Voir aussi langage de la boxe* et lexique de la boxe*. 
Sur une attaque en jab*, [B] place un contre* en uppercut* avec un retrait* de buste en arrière
Timing (avoir le sens du...)
(Ang.) Aptitude à porter des actions au bon moment. Certains athlètes savent utiliser le « contretemps » de l’action adverse (préparation d’attaque, retour en garde, temps mort, etc.) pour placer des contre-offensives* efficaces. Exemple 1, porter un coup d’arrêt* dans le déclenchement d’une attaque adverse. Exemple 2 : porter un contre dans le retour* adverse. 94
Toquard
En sport, se dit d’un athlète de faible niveau ou de niveau insuffisant pour son adversaire. En parlant du champion : « on lui a donné un tocard, il va en faire une bouchée, c'était prévisible ! ». À contrario, un bon athlète est appelé un "client*" ou s'il est très fort, un "gros cube*". Voir aussi chèvre*. « Nobody is perfect » Expression anglo-saxonne.
Touche
Action offensive qui aboutit sur la cible*. C’est un vocable habituel des sports de combat de percussion*. Egalement pour la boxe dite en « assaut* » ou boxe éducative*, il signifie que les coups sont parfaitement contrôlés sur la cible. En effet, en boxe éducative* les coups sont portés et contrôlés (notion de touche). Par contre, en boxe amateur* et en boxe professionnelle* les coups sont portés à pleine puissance (notion de frappe).
Toucher et tourner
Voir hit and run.
Tourner (je viendrais...)
Lorsqu'on dit : il ou elle "viendra tourner", dans le milieu des sports de combat, cela signifie qu’un pratiquant d’un autre club viens exceptionnellement s’entraîner voire faire de l’opposition. Voir aussi mise des gants*.
Transformer sa boxe
Changer sa façon de boxer et notamment grâce à l’entraînement. Elle se manifeste par des changements dans le comportement de l’athlète et des progrès notoires. C’est une notion de pédagogie actuelle (didactique) qui signifie que l’apprentissage modifie les comportements des pratiquants et souvent de façon radicale. Par exemple, un pratiquant passe du stade où il donne des coups à l’aveuglette à celui de composer des combinaisons pour atteindre des cibles. On dit qu’il est passé de l’étape, « donner des coups » à celle de « construire la cible* ». Voir aussi façon de faire*. « One best way »
Travail au sac
Activité quasi-individuelle privilégiant les objectifs suivants : - apprendre et améliorer le travail des gestes offensifs - automatiser des routines (séries de coups et autres schémas tactiques) - développer des qualités physiques (endurance, vitesse, puissance de frappe, etc.). 94 Travail des crochets
Travailler (le...)
Expression généralement employée pour qualifier une activité au corps-à-corps consistant à porter des coups afin de trouver des ouvertures dans la garde adverse.
Travailler en dessous
Chercher à frapper l’adversaire par dessous de la garde. Se manifeste par une activité visant à toucher les zones basse du tronc et à utiliser un passage dans la cheminée*. 95 [A] travaille dans la cheminée* en uppercut*
Travailler sur les cordes
Savoir-faire* qui consiste à tirer parti de phases de match en appui sur les cordes du ring. Certains combattants sont spécialisés dans cette forme de boxe. On trouve d’abord, celui qui travaille dos aux cordes pour mener à bien des opérations offensives. Puis, celui qui amène son adversaire sur les cordes pour en tirer avantage.
Tromperie (techniques de...)
Procédé destiné à utiliser la réaction adverse à son avantage. Cette réaction est induite par une technique de désinformation (donner une information « trompeuse » comme son nom l’indique). On répertorie deux catégories de tromperies : - en situation d’offensive* : les ruses (coup masqué*, coup différé, feinte*, point de pression*, etc.) - en situation de contre-offensive* : les pièges*(invite, leurre, etc.). Voir aussi manœuvres* et stratégies*. 96 utilisation d'une garde inversée* pour inviter l'adversaire à attaquer en direct*
« Ce n’est pas à un vieux singe qu’on apprend à faire des grimaces ». Vieux dicton populaire Pour en savoir plus : voir la fiche pratique de NetBoxe "TROMPER L'ADVERSAIRE"
Trop de réflexion tue l'action
Certes la réflexion sur les actions de match est nécessaire pour construire son jeu, mais elle ne doit pas contraindre sa réalisation. D’un autre côté, aucune conscience (réflexion et remise en question) de ses propres actes risque d’engendrer des comportements inadaptés et/ou stéréotypés. Un juste milieu des choses semble bien indiqué. « C’est plein d’idées que l’on s’en fait. »
Trouer la garde
Expression qui signifie trouver une ouverture* dans la défense de l’adversaire. Différents modes sont utilisés : les frappes puissantes, les enchaînements de coups et les manœuvres* de toutes sortes.
Truqueur
En boxe, se dit d’un combattant qui utilise des actions pas toujours conventionnelles et à la limite de l’interdit. Ils utilisent des comportements non autorisés par le règlement, par exemple : boxe la tête en avant ou en dessous de la ceinture, coups irréguliers, accrochages intempestifs, appui sur l’adversaire et bousculade au corps à corps, frappe dans le dos au corps à corps, marche sur le pied adverse, accrochage aux cordes, frappe après le stop de l’arbitre, et bien d’autres partiellement cachés difficilement sanctionnables par l’arbitre. Ces procédés quelques peu illicites peuvent semer la confusion dans l’esprit adverse (perturber*). On dit de ces boxeurs qu’ils « pourrissent le combat ». On les différentie des vicelards* qui eux utilisent des procédés non pas seulement malhonnêtes mais « vicieux » (c’est-à-dire, qu’ils encouragent des comportements adverses par le biais de duperies anti-sportives afin d’en tirer avantage). |