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M'BAYE REVIENT, MARIE SAINTE ARRIVE !
Souleymane M'Baye (38-3, 21 KO) est marqué mais heureux, son duel avec l’invaincu Antonin Decarie (23-1, 7 KO) à défaut d’atteindre des sommets pugilistiques, a tenu en haleine douze rounds durant un public tout acquis à sa cause hier soir dans le magnifique palais des sports Marcel Cerdan de Levallois Perret. Le titre par intérim WBA des welters décerné hier soir est anecdotique, il convient plus de le considérer comme une sorte de passeport ou passerelle pour le « titre régulier » de cette fédération, le « super champion » Shane Mosley , venant lui d’être destitué. Peu importe, le combat d’hier soir a rameuté le gratin parisien de personnalités parmi lesquelles notre « Bébel » national, assis au premier plan pas très loin de la secrétaire d’état aux sports, Mme Rama Yade.
Decarie est le premier sur le ring, visage presque poupon, mais regard sombre et déterminé, M’Baye arrivant ensuite dans l’enceinte sur les notes rageuses du rappeur Lord Kossitty dans un vacarme inoui. Le combat commence et les deux hommes se jaugent bien protégés derriére leurs gardes, le français parait bien en jambes et son jab du bras avant part bien, le canadien n’est pas en reste et réplique quelque peu. Les premiers rounds sont à l’avantage de Souly, avec son expérience il maîtrise les assauts quelques peu désordonnés de Decarié qui se jette plus qu’il ne construit. A la quatriéme reprise Souleymane reste en face d’Antonin qui semble surpris par cette tactique, et un magnifique cross du droit de M’Baye le percute au visage et lui fait faire l’ascenseur, Decarié est visiblement éprouvé, malheureusement le français n’enchaîne pas après ce magnifique coup, au contraire il se montre étrangement passif lors de cette fin de round alors qu’il semble qu’il aurait pu encore plus marquer son territoire. A partir de cet instant le combat devient moins intéressant, avec de nombreux accrochages, le jeune canadien ne disposant pas suffisamment d’armes au niveau technique pour bousculer concrètement un « vieux renard » des rings comme Souly, même s’il réussissait à le toucher comme en attestera le visage marqué du levalloisien. M’Baye a géré le reste des rounds, Mac Girt dans son coin l’exhortant à la prudence lors des deux derniéres reprises où le canadien se sachant en retard, jeta en vain ses dernières forces. Sans surprise les juges ont rendu un verdict unanime en faveur de M’Baye: 116-113 deux fois et 116-112 pour le troisiéme. « Je suis content d’avoir démontré à tous, qu’à trente cinq ans je pouvais rugir encore, ce combat s’est déroulé comme nous l’avions imaginé, très tactique. La boxe est un sport individuel mais qui fonctionne en équipe, donc un grand merci à tous ceux qui m’ont soutenu, la ville de Levallois et Mr le maire, Mr Dominique Georges et tout le staff. L’avenir? Je vais me reposer et ensuite pourquoi pas Seschenko pour le titre WBA ?" a déclaré Souleymane. Decarié faisait grise mine i>"Je ne pense pas avoir perdu si nettement, Souleymane en faisait peut être plus pour impressionner les juges, bravo à lui, il y a une revanche de prévue dans le contrat et ce sera différent" a-t'il déclaré.
En préambule de cet événement, a eu lieu l’attendu championnat de France des poids moyens entre Julien « Brigadier » Marie Sainte ((26-2, 18 KO) et François Bastient (37-8-1, 16 KO), le choc a été royal. Un combat à l’ancienne comme en raffolent les amateurs, nous avons assisté hier soir à la naissance d’un vrai champion avec l’avènement du cherbourgeois, en effet les observateurs s’accordaient à reconnaître de grosses qualités à Marie Sainte mais aussi beaucoup d’incertitudes quant à sa faculté à évoluer face à un homme du niveau de l’ex champion de France et challenger européen. Le doute est levé, l’éléve de Nasser Lalaoui et Marcel Denis a fait taire les septiques hier soir en livrant une prestation de tout premier ordre.
Dés le premier coup de gong Marie Sainte est appliqué et précis, il allonge son bras avant, contrairement à son habitude il ne cherche pas tout de suite l’affrontement et opte pour une boxe de styliste bien sur les jambes, Bastient lui essaie de réduire la distance pour provoquer la bagarre qu’il affectionne tant. Les coups sont puissants de part de d’autre, le combat est clair, sans accrochages, Marie Sainte fait la différence sur le nombre de coups délivrés et sur la précision, chaque round est intense et le public est conquis, les crochets gauches au corps claquent et l’intensité monte reprise après reprise. Au sixiéme round Bastient touche durement et passe un beau crochet gauche à la machoire, Marie Sainte ne bronche pas et réplique quelques instants après par un enchainement de toute beauté : doublé du bras gauche au corps suivie d’une remontée à la face, la septième est équilibrée et encore une fois Marie Sainte fait la différence sur une série de cinq à six coups. Au neuviéme round il envoie Bastient au sol avec une grosse droite, mais le nordiste est solide et il repart au charbon lors de l’ultime reprise que le cherbourgeois gére . Premier titre aux points: 96-93; 97-92; 98-91, pour l’espoir Normand qui confirme son potentiel, alors que Bastient prouve que l’on doit encore compter avec lui. « Je l’ai tellement attendu ce titre, je pense que nous avons fait un bon combat, j’ai prouvé que je sais aussi boxer en reculant, merci à ceux qui m’ont toujours soutenu » nous a déclaré le nouveau champion de France. « Il n’ y a rien à dire sur la défaite » reconnaissait Bastient « Il a été meilleur, j’étais au top, je l’ai bien touché et lui aussi, il frappe ! Il a utilisé la bonne tactique en ne restant pas devant moi, bravo. Je vais voir ce que l’on va me proposer maintenant".
La fête eut pu être totale si, pour cause de direct télévisé, elle n’avait été amputée du protocole qui va avec un grand titre comme le championnat national, en effet ni hymne national ni remise de ceinture pour des garçons qui accordent une grande importance à ces choses, n’oublions pas que ce protocole est aussi leur première récompense et surtout la reconnaissance de leur travail.
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